Sud-Ouest Jeudi 05 Mars 2009
ENVIRONNEMENT.
Ancien responsable de Greenpeace France et actuel président du Mouvement pour les droits et le respect des générations futures (MDRGF), François Veillerette mène une croisade informative sur
les méfaits des pesticides... « Tous les chiffres que je vous présente sont vérifiables », prévient celui qui a été invité, mardi, à l'Espace Franquin, par le collectif Vigilance OGM Charente. Et
les chiffres, lancés pêle-mêle, n'ont pas manqué de refroidir le dos du public présent. Début du propos par un bref aperçu historique, où l'on apprend que les insectes dits nuisibles ou champignons
sont deux fois plus nombreux aujourd'hui qu'avant l'utilisation massive de pesticides... « Simplement parce que le vivant finit par développer des résistances. » Pour le reste, le tableau est
édifiant... Tout y passe.
L'eau : « 91 % des points d'eau surveillés en France contiennent des résidus de pesticides ».
L'air : « N'est-il pas étonnant que le propoxur soit interdit en plein champ à moins de 20 mètres des habitations et soit utilisé comme insecticide dans les chambres d'enfant puisqu'il s'agit de la
molécule du Baygon ? »
La nourriture : « 49,5 % des fruits et légumes dans l'UE sont contaminés par des pesticides. » « Des études montrent que les foetus subissent les effets des pesticides, puisqu'on en trouve des
résidus dans les premières selles du bébé.
Cependant, on observe que, quand on opte pour une alimentation bio, les bénéfices sont immédiats. » Cancer Les effets des pesticides sur la santé sont aujourd'hui bien quantifiables : l'OMS estime
qu'un million de personnes subissent de graves empoisonnements par les pesticides. Le plus inquiétant reste toutefois l'absorption passive, et en continue, de résidus de pesticides... Des résidus
qui finissent par perturber le système hormonal, dégrader la qualité du sperme ou accroître, chiffres à l'appui, les risques de cancer, de maladie d'Alzheimer ou de Parkinson. Malgré tout, François
Veillerette veut bien croire que les pouvoirs publics prennent la mesure du danger qui pèse sur la santé publique : le Grenelle de l'environnement a programmé un plan de réduction de 50 % des
usages de pesticides sur dix ans, en accélérant la diffusion de méthodes alternatives... Reste à tenir le plan de développement de l'agriculture biologique en France. Une agriculture qui doit
atteindre 6 % de la surface agricole utile en 2010 et 20 % en 2020. « On est aujourd'hui à 2 %. Il y a donc du boulot. Il faut multiplier les aides pour l'agriculture biologique, de façon à éviter
de recourir à une politique d'importation massive. »
François Veillerette est l'auteur de « Pesticides, le piège se referme » (éd. Terre vivante) et avec Fabrice Nicolino de « Pesticides, révélations sur un scandale français » (éd. Fayard)
Auteur : bertrand ruiz ruiz@sudouest.com
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