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La SABLINE: section horticole et botanique de l'ALCI: Association Loisirs et Culture Illacaise

Amateurs de plantes quelles soient sauvages ou cultivées,sur ce blog vous retrouverez toutes nos activités dans les domaines du jardinage, de la botanique et de l'écologie. Pour suivre notre actualité, inscrivez-vous à la Newsletter: formulaire dans le rectangle noir sur le côté gauche à la fin des articles .

Les arbres. amis de l’homme et des jardins

Publié le 28 Janvier 2018 par La SABLINE in arbres, biodiversité, ecologie, brf

 

D’aussi loin que je me souvienne depuis ma plus tendre enfance, j’ai toujours entretenu un contact étroit, quasi naturel avec les plantes, petite j’avais alors 5 ou 6 ans, les plantes sauvages des trottoirs de ma rue ou du terrain vague voisin n’avaient plus de secret pour moi. J’ignorais leur nom, mais je reconnaissais leur odeur, leur goût, leurs fleurs, leurs fruits. Je me vois encore plongeant mon petit nez dans les corolles du liseron au parfum si subtil, ou examinant les pâquerettes à la jumelle, mais déjà je ressentais une affection particulière pour les arbres. Autrefois, à Paris, il y en avait partout au long des rues, du moins dans mon quartier proche de la campagne, et le parc Montsouris était ma promenade préférée. Le parfum des tilleuls ou des acacias qui embaumait l’air des chaudes soirées printanières, m’est resté en mémoire,  mais le plus grand bonheur c’était le chemin de l’école bordé d’arbres magnifiques. Il y avait là des trembles, des platanes, des marronniers qui me paraissaient immenses et certainement d’autres essences que j’ai oubliées. A cette époque les arbres faisaient encore partie de la vie de la ville, nul ne se serait avisé de les massacrer, encore moins de les abattre. A chaque saison sa beauté, l’hiver les branches dénudées tendues vers le ciel filtraient la lumière, laissaient voir les oiseaux  blottis à l’abri, tableau magnifique quand d’aventure elles se couvraient d’une fine pellicule de neige ou de givre, au printemps la magie des jeunes bourgeons qui éclataient tout à coup, libérant leurs feuilles toutes froissées, ah les écailles collantes du marronnier ! quelle aventure ! puis les fleurs si différentes d’une essence à l’autre mais si étranges pour certaines ,  comparées aux marguerites et autres fleurs des champs, l’été les grandes feuilles, chacun ayant sa forme particulière, véritable carte d’identité,  procuraient une fraîcheur appréciée, puis l’automne, les fruits tout aussi étranges que l’étaient les fleurs, et enfin  la féérie des couleurs des feuillages! A chaque essence sa spécificité, du jaune le plus doux au plus éclatant, du rouge,  tous les tons de rouge, de l’or, du brun, des teintes sublimées par les derniers rayons de soleil. Je me souviens de l’odeur des feuilles mortes, des tapis épais de feuilles de tremble jaunes et grises avec des petits points noirs  que nous faisions voler en traînant des pieds.

J’ai gardé de cette époque un véritable amour des arbres, un arbre, c’est comme un ami, il fait partie intégrante du paysage, de notre vie. Si on a la chance de le voir grandir, c’est le compagnon de toute une vie, qui très probablement vous survivra. S’il est déjà vieux et vénérable, il en émane une énergie, sorte de force vitale qui vous envahit quand vous caressez son écorce, et à ceux qui savent l’écouter il raconte la mémoire du temps. «  Se coller contre l’arbre de tout son corps. On ressent les vibrations de l’arbre, on se sent comme traversé par une sève » Jean Louis Etienne qui au retour des pôles a bâti sa maison dans un arbre.

Les arbres ont traversé le temps, certains seraient millénaires comme des oliviers ou des ifs, beaucoup sont centenaires, ont vu passer les archers de la guerre de cent ans, le carrosse de Louis XIV,  ont connu les druides qui les vénéraient .. L’arbre vit sa vie tranquillement, imperceptiblement, Parti d’une minuscule plantule il grandit lentement et meurt très vieux il a le temps pour lui. C’est sans doute pour cela qu’il force notre admiration. Qui n‘a jamais été ému par la beauté d’un grand arbre, d’un alignement de platanes vénérables, d’un cèdre majestueux ? Les anciens, de tous temps, ont vénéré l’arbre sur tous les continents. Même Georges Brassens lui a rendu hommage  dans une chanson.  

L’arbre mérite notre respect et notre protection non seulement pour lui même, mais aussi pour tous les services qu’il nous rend. Sa silhouette, marque le paysage, repère pour le voyageur. Les oiseaux y font leur nid, y trouvent abri et nourriture, alliés du jardinier, ils participent à l’élimination des parasites des cultures . Leurs feuilles, rafraîchissent et assainissent l’air des villes. En se compostant au sol, elles participent à l’élaboration de l’humus nécessaire à toute vie végétale. Leurs racines plongeant loin dans le sol, l’aèrent et captent les polluants. Leurs fruits servent de nourriture à nombre d’animaux, et certains, améliorés par l’homme au fil des siècles produisent des fruits divers et succulents. Leur bois rend de multiples services, canne du marcheur, piquets, poteaux, bois de chauffage, bois de construction et de menuiserie, mais aussi instruments de musique, ustensiles de cuisine, objets d’art…..pour le jardinier, les jeunes branches broyées sont de l’or pour votre jardin, que ce soit en paillage ou en amendement. Et pour finir, le plus grand service que nous rendent les arbres, c’est la régulation des pluies et du climat. Sans que nous nous en rendions compte, un arbre évapore des centaines de litres  d’eau quotidiennement, (100 l/j pour un hêtre) d’où leur utilisation pour assainir les marécages. Leurs feuilles, véritables usines fonctionnant à l’énergie solaire absorbent d’énormes quantités de CO2, qui se retrouve stocké dans le bois, et rejettent autant d’oxygène qui assainit l’air. L’intérêt d’un peuplement diversifié, est la meilleure résistance aux parasites, contrairement aux plantations monospécifiques qui les favorisent.

 

Enfin l’arbre vivant en société, dans les forêts en particulier, concourt au maintien de la biodiversité tant végétale qu’animale. De ce point de vue, les déforestations massives auxquelles nous assistons depuis des décennies, s’apparentent à des crimes contre l’humanité, dont seront victimes les générations futures.

L’arbre est donc tout un univers à lui tout seul, et notre société matérialiste est entrain de se suicider en éliminant la phénoménale diversité des arbres. Que ce soit en ville, où selon les modes du temps on plante partout les mêmes espèces, comme en ce moment le pin boule, sans doute pour ne pas avoir de feuilles à ramasser, sachant que tôt ou tard ils seront arrachés pour être remplacés par d’autres essences qui subiront le même sort, chez les particuliers qui, ne supportant pas les feuilles ou les brindilles qui tombent, font élaguer leurs grands arbres par des sauvages pratiquant sans doute des prix au rabais, mais laissent des squelettes mutilés d’arbres qui finiront par en mourir, ou encore en forêt, comme dans notre région, ou ce qu’on appelle forêt n’est en fait qu’une immense plantation monospécifique de pins maritimes ! Plantés à l’origine pour maintenir les dunes, ces arbres se sont si bien acclimatés que leur plantation s’est généralisée pour assainir les landes marécageuses. L’exploitation en coupe rase, pour la production, principalement de pâte à papier, est un non-sens écologique, sachant qu’en plus ces pins acidifient un sol déjà pauvre et acide en lui-même, empêchant par là même l’implantation d’autres espèces de feuillus variés tels des frênes, des érables des charmes, mais ça c’est une autre histoire liée aux enjeux économiques à court terme.

Et dans nos jardins ? Certes tout le monde n’a pas l’espace suffisant pour accueillir un de ces rois des forêts majestueux  qu’il faut réserver aux grands espaces, mais comme la nature est bien faite, nombre d’espèces d’arbres ont des petits développements qui les rendent utilisables dans les jardins. En premier lieu, il y a les  rosacés, qui tous fleurissent abondamment au printemps, le choix est immense dans les pruniers, pêchers, cerisiers, pommiers et poiriers, qu’ils soient à fleur ou fruitiers. J’ajouterai une mention particulière pour le bibacier (néflier du Portugal). Cet arbre persistant a la particularité de fleurir en hiver, des grappes de petites fleurs blanches très odorantes appréciées des abeilles qui ne trouvent pas grand-chose à butiner en cette saison. En situation abritée, vous aurez peut-être la chance qu’il arrive à fructifier. Ses gros fruits orange, de la taille d’une grosse prune sont succulents, et ses gros pépins ont un pouvoir germinatif sans précédent qui vous permettra d’en offrir à vos amis. Jamais malade, peu exigeant c’est vraiment l’arbre idéal pour les petits jardins. Pour un aspect plus sauvage, vous pouvez accueillir des petits arbres à fleurs, autrefois utilisés en haies ou sous les hautes futaies, tels les amélanchiers, alisiers, sorbiers, cormiers, cornus mâle,  troènes, aubépines roses ou blanches, néfliers qui fleurissent joliment au printemps et se couvrent de petits fruits qui feront le régal des oiseaux ou des confitures originales. Vous avez aussi un grand choix parmi les arbres d’ornement, tels les lilas, lagerstroémias, koelreuthéra ( ou savonnier) ou encore les érables chinois à écorce décorative. . Avec ces arbres, là finie la corvée de feuilles, elles sont si petites que le vent se charge de les ramasser, mais par contre nombre d’entre elles se parent de somptueuses couleurs l’automne venu,  et toutes vous apporteront ombre et fraîcheur en été. Si le cœur vous en dit, avec un peu de patience vous façonnerez un laurier cerise ou un photinia, en arbre. Ce sont des arbres à pousse rapide et sans souci. Trop souvent utilisés en haie, on a oublié que ce sont des petits arbres très intéressants.

Si malgré tout votre  cœur penche pour un arbre forestier,  choisissez un de ceux qui acceptent les tailles, comme le charme, l’acer négundo, le bouleau, ou qui ont un développement modéré, tel l’érable champêtre qui prend des tons or à l’automne, à faire pâlir de jalousie un ginkgo biloba..

Par contre si vous voulez un conifère, renseignez-vous bien avant de le planter.  Fréquementt ils sont donnés pour des arbres nains ou de rocaille, en fait le plus souvent ils sont de pousse lente, mais finissent ,en grandissant par  poser problème. Les plus petits se trouvent chez les chamecyparis. Il existe aussi quelques épicéas pas très imposants, néanmoins majestueux mais pas facile à trouver.

La principale difficulté est de trouver ces végétaux qui sortent un peu de l’ordinaire, car souvent les professionnels se cantonnent dans ce qui est à la mode guidée par les revues grand public. Dans les fêtes des plantes fréquentées par les pépiniéristes collectionneurs ( Gaujacq, Neuville, et d’autres)  vous trouverez certainement la petite merveille qui fera l’originalité de votre jardin. Adressez-vous de préférence aux pépinières Spahl, de la Preille, ou  à Orban, spécialisé dans la vente d’arbres de collection en petits sujets.  Evitez les sujets en gros conteneurs qui sont vendus cher et dont la reprise est aléatoire, dépendante du nombre d’années passées dans ces conteneurs qui compriment les racines et souvent maintenus sous perfusion d’engrais organiques ou par goutte à goutte.

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