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La SABLINE: section horticole et botanique de l'ALCI: Association Loisirs et Culture Illacaise

Amateurs de plantes quelles soient sauvages ou cultivées,sur ce blog vous retrouverez toutes nos activités dans les domaines du jardinage, de la botanique et de l'écologie. Pour suivre notre actualité, inscrivez-vous à la Newsletter: formulaire dans le rectangle noir sur le côté gauche à la fin des articles .

Les Champignons

Publié le 7 Novembre 2017 par La SABLINE in infos pratiques, Champignons

                                                          

 

Mystérieux champignons

 

 

Souvent associés aux sorcières et héros de contes magiques, les champignons semblent apparaître et disparaître comme par enchantement au Printemps ou plus souvent à l’Automne, quelques fois en Eté dans les prés et les bois quand ce n’est pas dans le goudron qu’ils transpercent pour apparaître au pied d’un arbre.

 

Qu’est ce que ce champignon ?

 

Ce que l’on voit et que l’on récolte est en fait le fruit d’une formation souterraine appelée mycélium .

Ce mycélium est un réseau de fins filaments ou thalles, qui courent sous la surface du sol et que l’on peut voir en soulevant l’écorce des vieilles souches pourrissantes envahies de champignons. L’apparition du champignon n’est pas un phénomène automatique et encore moins magique, elle résulte de la rencontre de filaments + et – (plutôt que mâle ou femelle), en liaison avec des conditions climatiques très précises. Même si le champignon ne se montre pas, il faut savoir que le mycélium souterrain, lui, est toujours présent à la même place bien qu’invisible. C’est un peu comme un arbre qui  ne donnerait des fruits que de temps en temps.

 

L’image classique du champignon est un pied solide surmonté d’un chapeau rond et bombé, mais il en existe bien d’autres formes. Sous le chapeau se trouvent des lamelles, ou des pores, dans lesquels se cachent des spores microscopiques qui assurent la reproduction sexuée. Cette reproduction par spores est en fait assez rare, et la propagation des champignons est surtout assurée par la progression du mycélium, ce pourquoi il ne faut pas le détruire en grattant inconsidérément le sol pour trouver des champignons, par contre, tout comme il serait stupide de laisser quelques fruits sur l’arbre pour assurer la prochaine récolte, la cueillette des champignons n’a aucun retentissement sur leur future apparition. 

 

Comment vit un champignon ?

 

Entre règne végétal et règne animal, le champignon a un mode de vie bien spécifique: pas vraiment un végétal car il ne contient pas de chlorophylle et est incapable de vivre isolément sur le sol, pas vraiment un animal non plus bien qu’il dépende d’autres êtres vivants pour sa nourriture carbonée. Les scientifiques viennent de créer une classe spéciale pour lui : les Fongus

Beaucoup de champignons vivent sur des débris végétaux ou animaux dont ils tirent leur nourriture carbonée, ce sont les saprophytes dont les meilleurs exemples sont les champignons qui apparaissent sur les souches ou les tas d’herbes en décomposition.

D’autres vivent directement aux dépends des êtres vivants, ce sont les parasites qui provoquent des mycoses sur les animaux et les maladies cryptogamiques sur les végétaux (mildiou, oïdium, tavelure, botrytis...)dont les conséquences peuvent être très graves pour l’hôte malchanceux.

Enfin, d’autres champignons se développent en association avec les racines de certains végétaux, le plus souvent des arbres ou des arbustes. Ce sont les champignons mycorhiziens. Les filaments du mycélium établissent alors des rapports étroits avec les radicelles du végétal. Les racines de la plante sont  modifiées, les poils absorbants disparaissent et elles se retrouvent entourées d’une gaine de mycélium dont les filaments peuvent soit pénétrer profondément dans les tissus,(endomycorhizes) soit rester extérieurs (ectomycorhizes). Une telle association dite symbiotique profite aux deux partenaires. Le champignon y trouve la source de sa nourriture carbonée, tandis que le végétal bénéficie des substances minérales (azote, phosphore,  zinc, magnésium....) solubilisées et rejetées par le champignon, qu’il peut absorber plus facilement. De plus, en prospectant le sol loin des racines, les filaments augmentent considérablement la quantité de substances nutritives mises à la disposition du végétal. Ainsi, les champignons symbiotiques aident considérablement à la croissance et à la santé des végétaux, quand ils ne sont pas carrément indispensables à leur développement, comme c’est le cas pour les orchidées, dont la graine a besoin de la présence d’un champignon microscopique pour bien germer.

 

De plus, des études récentes ont montré que des substances rejetées par les champignons pouvaient aider les végétaux supérieurs auxquels ils sont associés à mieux résister à certaines maladies, parasites ou stress divers ( sécheresse, salinité, pollution...). Cette propriété est largement étudiée en vue d’être utilisée pour la protection naturelle des cultures.

 

                                          Récolter des champignons

 

Les champignons poussent à peu près partout sur le globe et en toutes saisons, mais ils fructifient plus volontiers dans les régions à climat doux et humide, ce pourquoi on les trouve plus souvent au Printemps ou à l’Automne. Ce pourquoi aussi les champignons parasites se développent plus facilement l’été, d’autant qu’il fait plus chaud et que l’on arrose plus.

Selon leur mode de vie, on trouvera toujours les mêmes champignons au même endroit (mousserons dans les prés, cèpes dans les bois, pleurotes sur les troncs). La présence permanente du mycélium souterrain explique l’existence des «coins » à champignons. La non apparition du champignon dans  «son coin » ne veut pas dire qu’il a disparu mais plus probablement qu’il n’a pas rencontré les conditions climatiques favorables à sa fructification.

La cueillette, même intensive, n’est en rien responsable de la raréfaction des champignons, dès lors que l’on ne touche pas au mycélium. Cette raréfaction est plutôt due aux modifications du milieu, acidification du sol, exploitation forestière, débroussaillage, appauvrissement de la diversité végétale, disparition des pâturages.

En règle générale, les champignons fructifient plus volontiers à la suite d’une période chaude quand survient une forte pluie qui rafraîchit le sol en profondeur. Le choc thermique ainsi provoqué déclenche la fructification. Dans les stations de recherche sur la culture des champignons le programme d’arrosage est très rigoureusement observé.

La culture des champignons, maîtrisée depuis longtemps pour le champignon de couche, fait l’objet de recherches intensives en ce qui concerne les espèces à intérêt commercial. Certaines sont faciles à cultiver, truffes, pleurotes, pieds bleus, strophaires, et l’utilisation de la mycorhization des racines mise au point par l’INRA pour la culture de la truffe a permis de maîtriser la culture des lactaires délicieux, bolets nonnettes et bolets granulés mais pas encore celle du cèpe de Bordeaux ! A quand le cèpe à la carte ?

 

                                              Dangers des champignons

 

Manger les champignons que l’on a réussi à débusquer fait partie des plaisirs de l’Automne, mais pour que cela ne devienne pas un vilain cauchemar il convient de respecter quelques règles de cueillette.

  • En premier lieu, ne pas se lancer à l’aventure et bien apprendre à les reconnaître, soit avec quelqu’un de bien expérimenté, rien ne vaut la reconnaissance sur le terrain, soit avec un bon livre récent (certains champignons se sont révélés toxiques alors qu’autrefois on les donnait pour comestibles, c’est le cas récemment du Bidaou par exemple )
  • Quand on les connaît, ne consommer que des espèces bien identifiées et vérifier chaque champignon avant de le cuisiner un intrus toxique a pu y être mélangé lors de la cueillette.
  • Attention en particulier aux disparités à l’intérieur d’une même espèce, par exemple les rosés, qu’ils soient des prés ou des bois dont la surface du chapeau jaunit au frottement sont très toxiques.
  • Bien savoir reconnaître tous les toxiques mortels, il n’y a pas que l’amanite phalloïde !
  • Ne pas croire les dictons populaires du genre: « les limaces ne mangent que les bons champignons » .
  • Pour éviter les confusions, ne prendre que des sujets bien développés.

 

Même un champignon comestible peut devenir indigeste ou dangereux , pour éviter ce désagrément:

  • Ne consommer que des sujets jeunes, en bon état (fermes, pas trop humides ni gelés )
  • Bien les cuire, sauf quelques uns qui peuvent se manger crus, tels les champignons de Paris, beaucoup d’autres sont toxiques à l’état cru.
  • Ne pas consommer des champignons ramassés au bord des routes, ils concentrent les métaux lourds contenus dans les gaz d’échappement. les Agarics (mousserons) et les Coprins sont ceux qui concentrent le plus de plomb et de cadmium.
  • Il faut savoir également que les champignons concentrent également la radioactivité et divers polluants chimiques.
  • Ne pas en manger trop. Le champignon doit rester un condiment, ce n’est pas un légume! Attention en particulier aux enfants. Le champignon est constitué de chitine (carapace des coléoptères), produit que notre organisme est incapable de digérer . La consommation de grandes quantités de champignons peut créer des bouchons intestinaux responsables de graves occlusions.

 

En cas de problème, consulter rapidement un médecin et faire en sorte de garder toujours un reste des champignons que vous avez consommés cela facilitera la mise en œuvre rapide du traitement adapté.

 

Enfin sachez que les prés et les bois étant des propriétés privées dans leur grande majorité, les produits de ces terres, dont les champignons, appartiennent aux propriétaires qui peuvent interdire les cueillettes et même vous poursuivre en justice en cas d’exagération.

 

 

 Ne jamais se fier à un seul critère de reconnaissance ! 

Il est important de toujours tout vérifier: un anneau autour du pied, ou des lambeaux de volve sur le chapeau ont vite fait de disparaître, de même qu’une volve peut être restée enfouie dans le sol et que la couleur ou l’aspect extérieur peuvent être modifiés par la pluie ou la sécheresse. La couleur des lamelles (ou des pores) est très importante, de même que leur texture et leur forme, ce sont des caractères de classement des différentes espèces.

 

En résumé:

 

Il faut prendre en compte  l’aspect du champignon,

                                          la forme et la couleur du chapeau

                                          la forme  des lamelles, leur mode de raccordement au chapeau,

                                          la  couleur que leur donnent les spores,

                                         la présence ou non d’un anneau et/ou d’une volve, caractéristiques des amanites    mortelles, par exemple.                          

                                        

Savoir que l’identité d’un champignon est faite de plusieurs critères.

 

Ne pas se lancer à l’aventure sans connaissances sûres et surtout mettre à jour régulièrement ses connaissances avec des livres sérieux et récents. Les derniers en date :

 

  • Champignons de France et d’Europe occidentale  de Marcel Bon chez Arthaud
  • Guide pratique des champignons de F. Massart (un bordelais de La Linnéenne) aux éditions Sud Ouest et à la bibliothèque de La SABLINE.
  • Les Champignons.  Roger Philips. Ed Grund. Ouvrage très complet extrêmement bien illustré, mais peut être épuisé !
  • Ne pas se fier aux livres de vulgarisation, type « reconnaître les champignons comestibles », ou « X champignons comestibles » qui manquent souvent de précision ou ne précisent pas les confusions possibles avec des toxiques.

Comestible, pas comestible ?

Une identification sérieuse s’impose avant de consommer le fruit de vos trouvailles.

Première distinction : regarder sous le chapeau, tubes ou lamelles ?

- Chez les champignons à tubes, un seul mortel : Le Bolet Satan.

- Les champignons à lamelles présentent des formes et des silhouettes très variées mais caractéristiques de l’espèce. C’est un critère très important pour éviter les confusions.

  3 éléments à bien regarder : les lamelles, le chapeau et le pied : qu’elle forme, et quelle couleur.

Au niveau du pied, présence d’une volve et/ ou d’un anneau ou  pas. Il peut aussi présenter des ornementations, « chaussettes »

Ensuite, il faut connaître absolument les toxiques :

On trouve les plus mortels chez les Amanites, chez les Lépiotes mesurant moins de 10 cm, chez les Clitocybes, les Inocybes, certains Lactaires , certains Agarics  et certains Tricholomes.

L’examen des trois éléments cités plus haut permettra de ne pas confondre un Paxille , toxique, voire mortel, avec un Cèpe de Bordeaux.

 Toujours vous munir d’un livre sérieux, présentant tous les champignons et montrant les confusions possibles. Proscrire absolument les ouvrages  grand public ne présentant QUE les champignons comestibles.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                   

 

 

 

 

 

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