Mars, le mois du renouveau.
En mars, tout est neuf, après les fleurs des premiers bulbes qui ont donné le coup d’envoi de la saison ; les feuilles si tendres sur les arbres, les pousses colorées des spirées, photinias, saule crevette le petit japonais si charmant, et autres arlequins du jardin, les fleurs de toutes les couleurs sur les arbustes et les arbres fruitiers où les abeilles viennent s’enivrer de pollen tout frais pour repartir lourdement chargées vers la ruche, promesse d’un miel succulent.
Petit aparté sur les bulbes . Ce que j’aime avec eux, c’est leur sens de l’adaptation. Crocus, tulipes, jacinthes, narcisses, muscaris et autres petits bulbes, iris de Hollande, anémones….
Il suffit d’étaler les périodes de plantation sur une période allant d’octobre à février pour en profiter pendant plusieurs mois de suite. Avec eux c’est carrément de la floraison à la carte dans le temps car ils sont programmés pour fleurir un certain nombre de jours après la mise en végétation et la levée de dormance par le froid et dans l’espace, en déplaçant les jardinières selon votre humeur. De plus ils acceptent très bien la vie en bac, je serais même tentée de penser que c’est ce qu’ils préfèrent, car ils ont besoin d’une bonne période de repos, le plus possible au sec, une fois passée leur période de végétation. Et cette condition est assez difficile à réaliser dans les massifs du jardin qui eux, ont besoin d’arrosages surtout en été, cause sans doute de la disparition de certains bulbes mis en pleine terre. Par ailleurs leurs feuilles jaunissantes ne sont vraiment décoratives bien qu’indispensables pour la reconstitution des réserves des nouveaux bulbes.
Donc, si vous voulez profiter de vos bulbes préférés l’an prochain, sans les laisser ternir l’éclat de vos massifs, n’hésitez pas à les transplanter après la floraison, dans des bacs où ils pourront terminer tranquillement leur cycle de végétation, et que vous pourrez remiser au sec par la suite.
Pour éviter le remisage des jardinières plantées de bulbes, rien de plus simple que les placer dans des endroits bien exposés et abrités des fortes pluies, telles un avant toit ou le pied d’un mur au sud et d’y semer ou repiquer quelques plantes à floraison estivale peu gourmandes en eau, telles les escholtzias, les gazanias, les délosperma, les verveines, les pélargoniums odorants, le choix est vaste.
Mars c’est aussi le renouveau du potager, les semis possibles sont nombreux et variés, promesse de légumes savoureux. Il faut tout de même prévoir la possibilité d’abriter les jeunes plants des coups de froid., de nombreux modèles de serres tunnel ou de châssis sont disponible à des prix intéressants. Vous pouvez aussi vous procurer un morceau de voile de protection, disponible sur demande chez Monique à un prix défiant toute concurrence.
Pour ceux qui ont quelques arbres fruitiers, afin d’éviter de traiter outre mesure, privilégier la qualité du sol autour des arbres par un apport de compost et une couverture de sol permanente. L’apport de fumier de ferme aurait dû être fait à l’automne, à présent il vaut mieux l’éviter , car il y a risque d’induire une trop grande vigueur préjudiciable à la mise à fruits.
Pour ma part j’ai expérimenté une solution qui donne de bons résultats. Je ne travaille plus le sol autour des arbres. Je me contente d’apports de cendres de bois et de compost au cours de l’hiver, et je laisse pousser l’herbe que je ne tonds qu’en été si elle devient trop haute et avant que les fruits tombent pour faciliter la récolte et éviter qu’ils pourrissent. J’y laisse aussi venir quelques fleurs, sauvages ou non qui attirent toutes sortes d’insectes .
Mes arbres sont beaucoup plus sains et les fruits de meilleure qualité.
Autre chose, ne vous prenez pas la tête avec la taille de ces fruitiers. Il suffit de supprimer les branches trop malades, mal placées ou en surnombre de façon à laisser entrer la lumière dans la ramure. Penser aussi à les obliger à se courber pour induire la formation de boutons à fleurs. Enfin, éliminer les branches verticales, vigoureuses, appelées gourmands, sauf si vous envisagez de les utiliser pour rajeunir votre arbre l’hiver prochain.
Respecter les cycles naturels et la nature permet de se libérer des contraintes et jardiner devient un plaisir. Pour s’en persuader, lire ‘le jardinier paresseux. (disponible à la bibliothèque)
Enfin, pas de panique si les feuilles de vos arbustes persistants tombent : c’est certainement normal, même persistantes, les feuilles se renouvellent régulièrement, mais on ne ‘s’en aperçoit pas. Je précise, car tous les ans je reçois des coups de téléphone de jardiniers inquiets, à ce sujet.
Bon courage !
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